La vie d’un homme, lors de son passage sur cette terre, ne se résume pas à quelques dates ou aux fonctions qu’il a pu occuper. Elle se mesure à l’empreinte qu’il a laissé, au sillon qu’il a tracé. C’est en cela que Michel Missoffe nous lègue bien davantage qu’un exemple : une leçon de généreuse gaieté !
Il naît en 1930, dans une famille bretonne aux valeurs solides. Né peu après la mort en bas âge de son frère il perçut d’instinct, tout enfant, que sa mission serait de faire revenir la joie que le deuil d’un enfant avait obscurcie.
En 1940, tandis que ses frères s’engagent auprès du général de Gaulle, il est avec sa sœur celui qui anime par ses rires et sa tendresse un foyer traversé par l’inquiétude constante des parents sans nouvelles de leurs fils.
Devenu un homme il est, dans les années 1950, représentant en aliment de bétail. Il parcourt la France dans sa 4L et développe le sens du contact et cette empathie authentique qui le caractérise. Son art d’embellir la vie et de réchauffer les cœurs, il les tourne alors vers une foultitude d’amis. Tous se souviendront longtemps du rire et de son attention permanente aux autres.
Dans les années 70, il pose ses valises. Il se marie, à des enfants, devient président d’une société de fragrance qu’il contribue à mener au sommet mondial de l’industrie. Pour sa famille, il sera à partir de cet instant, un père et un mari exceptionnel. De tout l’amour qu’il distribuait, nous avons eu la meilleure part.
La leçon qu’il nous laisse, tient en quelques mots et en beaucoup d’exemples.
« les gens malheureux ne font le bonheur de personne ». Michel Missoffe était joyeux, parce que c’était sa nature et parce que c’est ainsi qu’il comprenait son devoir. Il s’efforçait de toujours sourire aux autres et à la vie. De présenter toujours et à tous un visage heureux. Et quand des malheurs le frappait, il les chassait d’une phrase talisman : « l’important c’est qu’on s’aime et le reste on s‘en fout ». Mais s’il s’imposait le bonheur comme une hygiène de vie publique, ne fuyait pas les chagrins et les peines. Pas ceux des autres du moins. Au chevet des malades, et des amis dans la peine, il était là. Toujours.
Parce qu’un monde sans lui serait moins beau, moins joyeux, moins vif, sa famille et ses enfants ont décidé de créer une fondation pour prolonger son empreinte.